dossier ...c'est aussi : Historique - Synthèse des textes officiels - Structuration de la Permanence des Soins en PACA - Permanence des Soins et sectorisation de l'aide médicale urgente - Sectorisation : compte-rendus des réunions CODAMUPS - Les perspectives vues par nos représentants syndicaux -
La Permanence Des Soins des médecins spécialistes libéraux

Dr Jean-François REY
Président de la section spécialiste URML PACA

Il est étonnant de noter qu’il a fallu batailler pour faire reconnaître que les médecins spécialistes libéraux participaient eux aussi à la permanence des soins et à la sécurité de nos concitoyens.

En effet, qui peut imaginer que les établissements de soins privés n’ont pas des praticiens chargés d’assurer la sécurité de leurs patients, mais également les urgences que leur adressent leurs correspondants au-delà de vingt heures, au-delà du vendredi soir et pendant de longs week-ends. Après que nos organisations professionnelles sont intervenues auprès de la Commission Descours, en ayant souligné l’importance de ce problème, à Jean-François Mattei, lorsqu’il était Ministre de la Santé, les syndicats libéraux ont enfin obtenu une négociation avec les Caisses d’Assurance Maladie sur la prise en charge financière de cette permanence des soins.

Parmi les priorités, il faut reconnaître que les réanimations médicales constituent un enjeu majeur puisque les praticiens sont obligés de rester vingt-quatre heures sur place avec des honoraires dérisoires, de ce fait, les réanimations médicales reconnues risquent de fermer rapidement, faute de praticiens pouvant continuer à y exercer. Ceci s’applique également à des réanimations plus spécifiques comme la réanimation cardiaque. La deuxième urgence est constituée par l’astreinte imposée aux pédiatres dans les maternités, là encore, la reconnaissance du service rendu n’a pas été valorisée, il y a trois ans, dans le cadre de l’accord périnatalité. Ces praticiens sont d’astreinte et ne reçoivent des honoraires qu’en cas d’appels qui sont, heureusement pour les nouveau-nés, relativement peu nombreux. Toujours dans le cadre des établissements de soins privés, la position des médecins urgentistes faisant fonctionner les UPATOU n’est également pas reconnue à sa juste valeur et ils doivent bénéficier des mêmes conditions de rémunération que ceux qui exercent des gardes dans les maisons médicales.

À côté de ces problèmes urgents, il est indispensable que toutes les gardes organisées, soit dans des établissements UPATOU, soit dans des établissements ayant des contraintes réglementaires (avec par exemple, une permanence des soins imposée pour des IRM ou des scanners), ou géographiques, du fait d’une garde organisée, indispensable à la population, mais qui n’a pas été reconnue pour des raisons administratives UPATOU (exemple, une clinique importante située à proximité d’un CHU), pour tous ces cas, il faut que tous les spécialistes assurant les astreintes indispensables réglementairement et médicalement pour le fonctionnement de ces établissements, bénéficient d’un forfait d’astreinte.
Le meilleur moyen d’éviter d’engorger les urgences hospitalières est de redéfinir un tissu d’offres de soins, dans lequel les praticiens libéraux, mais également les établissements de soins privés, peuvent prendre une large place. Il est inutile de multiplier des crédits dans quelques centres d’urgence, type Hôpital Saint Antoine à Paris, pour les faire fonctionner à plein régime, quelques jours par an. Il est beaucoup plus judicieux de multiplier les pôles d’accueil permettant ainsi de réceptionner, dans de meilleures conditions, non seulement les urgences vraies mais également ce qui constitue les urgences médico-sociales représentant une demande de soins non négligeable, le soir ou le week-end.

La permanence de soins est un enjeu majeur pour les médecins spécialistes, il faut que le Gouvernement et les Caisses d’Assurance Maladie reconnaissent le service que nous rendons à la population et en assurent une juste rémunération.

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