...c'est aussi :
Historique
- Synthèse des textes officiels - Structuration
de la Permanence des Soins en PACA - Sectorisation
: compte-rendus des réunions CODAMUPS - Les
perspectives vues par nos représentants syndicaux
- La
permanence des soins des médecins spécialistes libéraux
PERMANENCE DES SOINS
ET SECTORISATION DE L’AIDE MEDICALE URGENTE
Dr Jean-Jacques Arzalier
Chef de Service - Service d'aide médicale urgente [SAMU 83]
- Hôpital Font-Pré - Centre hospitalier intercommunal
de Toulon - La Seyne-sur-mer
Dr Jean-Jacques Raymond
Centre de réception et de régulation des appels CRRA
- Centre 15
L’aide
médicale urgente a pour vocation d’assurer des soins
médicaux non programmés. Bien qu’elle relève
d’une mission de service public, définie par des textes
réglementaires, elle a pour particularité de s’appuyer
sur la médecine libérale ambulatoire, notamment dans
le cadre de la permanence des soins [P.D.S.]. Les sociétés
d’ambulanciers privés et le service départemental
d’incendie et de secours [S.D.I.S.] sont aussi associés
à son fonctionnement, notamment par le lien de conventions
financières ou opérationnelles.
La mission est assez simple « sur le papier » : recevoir
les appels relevant de la médecine d’urgence, déclencher
une réponse adaptée dans le meilleur délai
(réponse qui peut être un simple conseil médical),
organiser si nécessaire le transport vers un établissement
de soins, public, privé ou militaire, mais disposant du plateau
technique disponible.
Dans le “monde réel”, il en va autrement en raisons
de difficultés d’origines diverses (démographie
médicale, dérive consumériste de la part des
usagers de la santé, absence de lits hospitaliers disponibles,
manque d’ambulances, etc…).
L’organisation de l’aide médicale urgente est
coordonnée par le service d’aide médicale urgente
[S.A.M.U.] détenteur du numéro d’appel d’urgence
15. Elle repose à ce jour sur un schéma départemental,
bien que certains aspects puissent relever d’une organisation
régionale (périnatalité) voire zonale (menace
nucléaire, radiologique, biologique ou chimique). Dans le
Var, le S.A.M.U. 83 est implanté, conformément à
la loi, au centre hospitalier intercommunal de Toulon – La
Seyne-sur-mer [C.H.I.T.S.]. Il dispose d’un centre de réception
et de régulation des appels [C.R.R.A. – Centre 15]
au sein duquel la médecine libérale assure une part
essentielle de la régulation médicale, les nuits de
18H30 à 08H30 ainsi que les week-ends et les jours fériés.
Ces médecins libéraux exercent dans le cadre d’une
association de régulation libérale [A.R.L.] et reçoivent
des honoraires sur un budget relevant du fond d’aide à
la qualité des soins en ville [F.A.Q.S.V] et du C.H.I.T.S.
Jusqu’à présent, la sectorisation du département
ne présentait aucun caractère d’homogénéité
en raison de la juxtaposition de quatre modèles différents.
• Les médecins généralistes assurent
une continuité des soins, dans le cadre de leur exercice
professionnel libéral. Ils peuvent aussi participer, mais
sur la base du volontariat, à la permanence de soins. Le
nombre de secteurs, apparemment trop important, fait actuellement
l’objet d’une refonte.
• Les sociétés d’ambulanciers privés
assurent des transports sanitaires sur prescription médicale
et participent la nuit, les dimanches et les jours fériés
à une garde préfectorale organisée en secteurs.
Ceux-ci ont fait récemment l’objet d’un nouveau
découpage, basé sur l’implantation des établissements
hospitaliers publics.
• Les véhicules de secours aux asphyxiés et
aux victimes [V.S.A.V.] assurent des missions de secours et d’évacuation
d’urgence. Leur mise en œuvre se fait sous la direction
du centre opérationnel d’incendie et de secours [C.O.D.I.S.
83] implanté à Draguignan selon une sectorisation
spécifique. Répartis dans les centres de secours du
S.D.I.S., ils font l’objet d’une régulation médicale
par le C.R.R.A. – Centre 15.
• Les services mobiles d’urgence et de réanimation
[S.M.U.R.], dont la vocation est de prendre en charge les urgences
« lourdes », sont implantés dans chacune des
villes où existe un établissement hospitalier public
siège d’un service d’urgence : Brignoles, Draguignan,
Fréjus, Gassin, Hyères, Toulon. Leurs secteurs d’intervention
peuvent présenter des caractéristiques très
différentes : secteur rural ou semi-rural étendu pour
le S.M.U.R. de Brignoles, secteur urbanisé littoral pour
le S.M.U.R. de Toulon. Ce dernier dispose d’un hélicoptère
sanitaire saisonnier lui permettant d’intervenir dans tout
le département.
Il apparaît très souhaitable d’harmoniser dans
la mesure du possible la sectorisation des acteurs relevant directement
de l’aide médicale urgente, à savoir les omnipraticiens,
les ambulanciers privés et les S.M.U.R. L’évolution
des pratiques va dans le sens d’un renforcement de la régulation
médicale libérale, étroitement associée
au C.R.R.A. – Centre 15 du S.A.M.U.
afin d’assurer un rôle de “filtre “permettant
un engagement plus pertinent des omnipraticiens participant à
la P.D.S. Par ailleurs, le rôle des services d’urgence
hospitaliers est amené à se renforcer, ce qui implique
d’y associer la médecine libérale soit sous
la forme de « maisons médicales », soit par des
consultations réalisées au sein de ces services.
Un dispositif minimum devrait donc être basé sur la
sectorisation des services d’urgence hospitaliers et des S.M.U.R.
Chacun des secteurs du département pourrait ainsi bénéficier
d’une garde ambulancière et d’une P.D.S. de la
médecine libérale. Les visites à domicile seraient
l’exception, alors que la consultation téléphonique
auprès du C.R.R.A. – Centre 15 et la consultation sur
une structure d’accueil de secteur deviendraient la règle.
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