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DOSSIER CHIKUNGUNYA EN PACA
Aedes Albopictus n'est pas le chikungunya
Vigilance mais pas d'inquiétude en régions tempérées
Ces informations ont
pour source EID
Nous le remercions
de nous avoir permis de les diffuser
Santé
Vigilance mais pas
d’inquiétudes
en régions tempérées
L’identification
d’Aedes albopictus en Europe du sud (en Italie, depuis une quinzaine d’années, et dans plus
d’une vingtaine de communes de l’extrême Sud-Est français), a suscité cette
question : chez nous, peut-il y avoir une épidémie comparable à celle de chikungunya qui a sévi à la Réunion en 2006 et
dont le vecteur est le même albopictus ?
Tout esprit rationnel dira qu’on ne peut jamais dire « jamais ».
Mais pour autant, les spécialistes apportent des réponses rassurantes :
il n’y a pas lieu de s’inquiéter.
Aedes albopictus n’est pas le chikungunya
D’abord, il importe de distinguer entre un vecteur potentiel (tel qu’Aedes albopictus)
et une maladie vectorielle (telle que le chikungunya).
Car là où il y a un vecteur, il n’y a pas nécessairement de maladie.
Le virus chikungunya (en
swahili : homme courbé), dont une épidémie a affecté en 2006 la Réunion,
est naturellement transmis en régions tropicales et sub-tropicales par la piqûre du moustique Aedes albopictus. Originaire d’Asie du sud-est, ce
moustique présente une grande plasticité, qui lui a permis de s’adapter à
diverses conditions de milieu. De sorte que depuis sa zone tropicale
originelle, il a pu s’implanter dans des pays tempérés, en Europe du sud,
entre autres. Ainsi est-il présent en Italie depuis une quinzaine d’années,
où, à une très récente et limitée exception près (voir ci-dessous), il
n’a pas transmis de maladie. Par contre, c’est un moustique nuisant.
Il faut savoir que le virus chikungunya,
lui, n’a jamais été trouvé en zone tempérée, les conditions climatiques
n’étant pas favorables à son implantation. Il est originaire des zones tropicales
et intertropicales d’Afrique, d’Inde et d’Asie (première découverte en 1953,
en Tanzanie et en Ouganda), dans lesquelles il se maintient. Le risque de son
apparition en France métropolitaine est donc extrêmement restreint et celui
d’un épisode similaire au phénomène constaté à la Réunion fort improbable.
En effet, le moustique passe par une période de diapause hivernale
(hibernation) dans les pays tempérés, durant laquelle il n’a plus d’activité
de piqûre. D’autre part, les basses températures peuvent agir sur le virus en
limitant son expansion. Par hypothèse, donc, une personne contaminée dans
l’Océan Indien durant l’été austral (l’hiver chez nous) et qui transiterait
par l’Europe occidentale, alors qu’elle serait encore virémique (période très courte : 8 à 10 jours), n’aurait que peu de risques d’être
piquée par un albopictus local puisqu’à
cette saison hivernale, il est en diapause, donc inactif.
Toutefois, l’augmentation considérable du tourisme mondial incite les
pouvoirs publics à être vigilants et à user du principe de précaution, même
si le risque de voir se développer dans nos régions un épisode épidémique de
grande ampleur paraît, aujourd’hui, quasiment nul.
A ce jour, Aedes albopictus a été identifié dans 24 communes du Sud-Est des Alpes-Maritimes. Son
installation et son extension font l’objet d’une veille sur la côte
méditerranéenne, coordonnée par le ministère de la Santé, dans laquelle l’EID
Méditerranée est fortement impliquée (veille entomologique).
Les
femelles d’albopictus pondent leurs
œufs dans des biotopes naturels tels que les creux d’arbres et aussi dans de
petites collections d’eau artificielles, et ce toujours en milieux urbain ou
périurbain, jamais en milieux naturels humides ouverts. On peut ainsi les
trouver dans tous les réceptacles d’eau de pluie, notamment les vieux pneus
usagés, dont le commerce est aujourd’hui mondialisé. C’est là, d’ailleurs, un
des facteurs de dispersion de l’insecte. Donc aucun risque de les voir se
développer dans les zones humides de Camargue et du Languedoc, par exemple.
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L’EID Méditerranée
Présentation générale
Depuis
1958, l’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral
méditerranéen (EID Méditerranée) est, en matière de démoustication, de
contrôle de nuisances biologiques, de gestion et d’observation des zones
humides littorales, de restauration de cordons dunaires, l’opérateur des
collectivités territoriales : Conseils généraux des Pyrénées-Orientales,
de l’Aude, de l’Hérault, du Gard, des Bouches-du-Rhône, Région
Languedoc-Roussillon et 215 communes constituant sa zone d’intervention.
Cette
mission est encadrée par des textes législatifs et réglementaires (loi du
16.12.64 consolidée et décret du 01.12.65 consolidé).
L’EID
Méditerranée intervient également par convention, à la commande d’autres
autorités publiques (collectivités territoriales, Etat), sur des
problématiques particulières justifiant des études, des actions de veille ou
de contrôle de nuisances. C’est le cas du moustique Aedes albopictus, à la demande du Conseil général des
Alpes-Maritimes.
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L’Entente
interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID
Méditerranée) a été créée en 1958 par les Conseils généraux de l'Hérault, du
Gard et des Bouches-du-Rhône. En 1963, ils ont été rejoints par les Conseils
généraux des Pyrénées-Orientales et de l'Aude.
Dans
cette région à lido lagunaire, depuis l’étang de Berre jusqu’à la frontière
espagnole, se développent des espèces spécifiques des zones humides littoralespouvant parcourir, si elles émergent, plusieurs
dizaines de kilomètres vers des secteurs agglomérés et très peuplés. Leur
contrôle sélectif est indispensable et pérenne.
La
Mission interministérielle d’aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon
(Mission Racine), créée en 1963, a fait de la démoustication le préalable à
toute politique de développement des zones littorales, touristique en premier
lieu. Par son entremise, l’Etat a financé le budget de la démoustication
jusqu’à 85 %.
Dès
le début de la cessation progressive de la Mission Racine (1974 - 82), les
collectivités territoriales ont dû prendre en charge la totalité du
financement de la démoustication.
Aux
Départements, s’est ajoutée, à partir de 1975, la Région Languedoc-Roussillon
qui, par accords successifs avec les Départements côtiers de son ressort, a
financé par subvention annuelle 30 % de leurs participations contingentées,
avant de décider d’adhérer aux statuts en 2007 et devenir à son tour membre
de plein exercice.
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Le siège de l'EID
Méditerranée, à Montpellier.
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L’EID Méditerranée est
une « institution interdépartementale » (article L 5421 du Code
général des collectivités territoriales). Elle est dotée de statuts. A ce
jour, adhèrent les 5 Conseils généraux précités et la Région
Languedoc-Roussillon : elle est gérée comme un syndicat mixte ouvert.
Sa zone d’action couvre
215 communes et 1,6 millions de résidants permanents, répartis sur ces cinq
départements.
La mission de
démoustication est fixée par la loi du 16 décembre 1964, modifiée par
l’article 72 de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et
responsabilités locales, et par le décret d’application du 1er décembre 1965, modifié par le décret du 30 décembre 2005.
Les traitements de
démoustication dans la zone d’action de l’EID Méditerranée et dans tout
département où est décidée l’organisation d’un contrôle font l’objet, après
avis de chaque CODERST (conseil départemental de l’environnement et des
risques sanitaires et technologiques), d’un arrêté annuel des Préfets des
départements concernés, fixant la liste des communes, les dates de début et
de fin de campagne, les modes opératoires et les produits autorisés.
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L’EID
Méditerranée opère sur quelque 300 kilomètres de littoral, de la frontière
franco-espagnole aux confins de Marseille, sur un territoire qui rassemble
principalement des zones marécageuses à submersion temporaire (sansouires, scirpaies,
jonchaies), mais également des gîtes urbains.
Une
centaine d’agents opérationnels assure en permanence la mission sur un
territoire de 300 000 hectares, à partir de 7 agences opérationnelles décentralisées : 5 en Languedoc-Roussillon et 2 dans les
Bouches-du-Rhône.
L’EID
Méditerranée s’est dotée d’un laboratoire qui assure le support
scientifique nécessaire à un contrôle respectueux du milieu. Ses principales
missions concernent :
- l’étude de la biologie et de l’écologie des espèces à combattre.
- la sélection des insecticides les plus efficaces et les moins
agressifs.
- l’amélioration des conditions d’application des produits (dosages
notamment).
- la surveillance des niveaux de résistance.
Cet
organisme public est géré par un Conseil d’administration (CA) composé
d’élus issus des 5 Conseils généraux concernés et de la Région
Languedoc-Roussillon. Il dispose également d’un Conseil scientifique et
technique (CST) composé de spécialistes et de représentants d’organismes
et administrations compétents dans les thématiques concernées par ses
missions.
L’EID
Méditerranée est membre fondateur de l’agence nationale pour la
démoustication et la gestion des espaces naturels démoustiqués (ADEGE), avec
l’EID Atlantique, l’EID Rhône-Alpes, les Conseils généraux de la Martinique,
de la Guyane et le SIVU de Lauterbourg / Bas-Rhin.
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Le
contrôle des nuisances de moustiques est la mission centrale de l’EID
Méditerranée, justifiant l’organisation de l’établissement en services
techniques centraux (à Montpellier) et en 7 agences opérationnelles
déconcentrées sur sa zone d’action.
Le
savoir-faire acquis par l'EID Méditerranée justifie des sollicitations hors
de sa zone d'action, en France et à l'étranger. Elles sont de 4 ordres :
1- Missions conventionnées par l’Etat dans un cadre de santé publique : veille
entomologique, diagnostics, traitements curatifs ponctuels.
2- Missions conventionnées par d’autres Conseils généraux pour la lutte
anti-vectorielle et/ou le contrôle de moustiques nuisants :
surveillance, diagnostics, traitements préventifs anti-larvaires,
communication comportementale. C’est le cadre du missionnement de l’EID Méditerranée par le Conseil général des Alpes-Maritimes pour le
contrôle d’Aedes albopictus.
3- Contrôle d’autres nuisants dans et hors sa zone
d’action.
4- Gestion environnementale dans et hors sa zone d’action.
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Le contrôle des
moustiques dans le 06
Depuis
1999, l’EID Méditerranée et l’ADEGE (agence nationale pour la démoustication)
sont conventionnées avec le ministère de la Santé (DGS) dans le cadre de la veille entomologique d’Aedes albopictus.
Une
fois ce moustique identifié dans le Sud-Est des Alpes-Maritimes, l’EID
Méditerranée a été conventionnée avec le Conseil général des
Alpes-Maritimes :
- en 2006, sa mission a été axée sur le diagnostic des situations
favorables à la prolifération, la définition des types d’habitats et gîtes
larvaires associés et une première évaluation de la nuisance.
- à partir de 2007, une nouvelle convention intègre des opérations
de contrôle axées sur les traitements insecticides des gîtes publics et la communication
préventive auprès de plusieurs publics
cibles, consistant à négativer des gîtes privés ou
particuliers, impossibles à recenser et à traiter.
Attention, tout ce qui vole n'est pas moustique ! Il ne faut pas confondre le moustique avec d'autres insectes qui lui ressemblent plus ou moins mais qui : - soit ne piquent pas. - soit piquent, mais dans des circonstances et des densités incomparables avec celles concernant les moustiques ou, en tout cas, certains d’entre eux.
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phlebotomes
simulies
ceratopogonides
chironomes
Tipules
Tout ce qui est Moustique
n'est pas "moustique tigre"
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Le
« moustique tigre » (de son vrai nom « Aedes albopictus ») est remarquable, dans le
Sud-Est des Alpes-Maritimes et du Var par son installation récente et subite
et son caractère « agressif ».
Il a pour effet, entre autres,
de sensibiliser les populations aux moustiques en général et donc à deux
autres espèces nuisantes (mais dans des proportions
beaucoup moins fortes), présentes de toute éternité dans le département et
jusqu’ici passées plutôt inaperçues :
- Culex pipiens, moustique urbain, qui pond à la
surface de toute eau stagnante. On le trouve donc souvent dans les mêmes
sites qu’Aedes albopictus qui, lui, pond en bordure des mêmes eaux stagnantes et dont les œufs
éclosent au moindre contact avec l’eau. Les deux espèces ont une capacité de
dispersion d’une centaine de mètres à partir de leur gîte d’éclosion.
- Aedes mariae, moustique
littoral, dont les gîtes de reproduction sont des creux de rochers en bord de
mer.
Aedes albopictus a été surnommé
« moustique tigre », en raison de zébrures qui parcourent son corps
effilé. On aurait mieux fait de l’appeler « moustique
zèbre » : ça aurait été à la fois plus juste et moins effrayant…
Cela dit, attention : d’autres espèces de moustiques sont plus ou moins
« zébrées » également et peuvent être confondues avec Aedes albopictus.
Tout le monde n’est pas entomologiste…
Tout ce qui vole n’est
pas moustique. Et tout moustique n’est pas « moustique tigre »…
Fiche Aedes albopictus
Fiche Culex pipiens
Fiche Aedes Mariae
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Aedes albopictus
sa vie, son oeuvre
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Voilà 15 à 20 ans (déjà ? Et oui, déjà !)
qu’Aedes albopictus est présent en Europe occidentale : identifié en Albanie dès 1979, il
est présent notamment en Italie depuis 1990, désormais dans 9 régions et 30
provinces, où plusieurs programmes de lutte ont été mis en place, en
particulier dans la région de Rome.
Soit dit en passant, il
n’y a jamais transmis la moindre maladie. Par contre, c’est un fort nuisant.
Mais ce n’est pas une découverte.
Depuis sa zone d’origine,
le Sud-Est asiatique, il a essaimé à la surface de la planète, à la
« faveur » du commerce international, en particulier des
pneumatiques usagés. En fait, sa dissémination fait qu’il peut entrer sur le
territoire métropolitain français aussi bien par l’Est que par l’Ouest. En témoignent
les primo identifications réalisées par l’ADEGE (agence nationale pour la
démoustication), dont l’EID Méditerranée est membre fondateur, conventionnée
à cette fin par le ministère de la Santé.
Mais si l’importation d’Aedes albopictus via le commerce et le stockage de pneumatiques usagés, dès lors qu’elle est
systématiquement et rapidement identifiée, ne pose pas de problèmes
(éradication aisée par traitements curatifs sur des espaces très
circonscrits), un autre problème est celui de l’extension de proche en proche
par des moyens très classiques : les transports individuels et
collectifs. Et oui, Aedes albopictus prend lui aussi la voiture, le train ou
l’autobus (entre autres), et pas seulement dans le coffre. C’est comme cela
qu’il a franchi la frontière, en 2004 / 2005, du côté de Menton…
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