Depuis toujours, ou presque, La Médecine Générale a été définie de façon géométrique.Ainsi tout ce qui n’était pas spécialité d’organe était généraliste d’autant que la Faculté, hospitalocentrée, donc médecine non ambulatoire par définition, enseignait aux étudiants en Médecine Générale, la Médecine Générale ambulatoire par des spécialistes d’organe non ambulatoires sans enseignement approfondi des sciences humaines, psychologie, anthropologie, sémantique etc…
Certes le troisième cycle d’études médicales rend obligatoire un stage de médecine ambulatoire en Médecine Générale. Cependant le statut des médecins généralistes enseignants ou maîtres de stage est pour le moins discuté actuellement par les intéressés eux mêmes.
En 2005 chacun savait que dès 2007 les premiers internes en Médecine Générale seraient les premiers spécialistes en Médecine Générale. Chacun (ministère, CNAM et certains représentants minoritaires de la profession) savait mais personne n’a anticipé.
2007 rend caduque les arguments de durée d’étude ou de supposées difficultés particulières qui, hier encore, semblaient, pour certains, valider des différences en terme de moyens selon les spécialités.
Le Médecin Généraliste, Médecin dit de premier recours, reçoit des demandes sans distinction d’âge, de sexe, d’organe ou de motif. Il n’en récuse aucune.
A partir de la demande le Médecin Généraliste considérera la personne dans l’interaction de trois systèmes complexes : un Organe ou organisme, une Personnalité et un Environnement (système OPE) avec ses trois composantes (humaine, économique et matérielle).
C’est le temps du diagnostic généraliste intégrant ces trois systèmes. C’est le temps de la prise en charge globale ou diagnostic de situation.
Après cette analyse intervient la prescription négociée, rarement purement médicale, nécessitant souvent un suivi transversal donc la coordination des soins.
Le suivi de l’efficience de ces prescriptions au sens large, au sens généraliste, nécessite des évaluations régulières (suivi longitudinal), concrétisé par un travail de synthèse et la tenue d’un dossier médical personnel (le fameux DMP). C’est la continuité des soins.
On voit bien que ce contrat non explicité et non écrit a parfaitement et intuitivement été compris par les patients et par les généralistes… puisque :
• 100 % des généralistes sont médecins traitants
• 95 % des patients ont choisi leur généraliste en tant que médecin traitant, leur reconnaissant l’excellence en terme de premier recours, de diagnostic de situation, de coordination des soins, de continuité des soins.
Au total il ne faut en rien opposer spécialistes d’organe et spécialistes de la personne.
Il convient, au contraire, de les apposer, au bénéfice de la santé individuelle des patients, au bénéfice de la santé publique de notre pays.
Le Conseil National de l’Ordre, par sa circulaire n°2007-14, fait savoir aux Conseils Départementaux que la Médecine Générale ayant été reconnue comme spécialité, il en résultait que les pouvoirs publics devaient prendre les dispositions légales et réglementaires pour que les médecins inscrits à l’ordre en tant que généralistes soient qualifiés de spécialistes.
En conséquence, chers confrères il vous appartient d’en faire la demande à vos Conseils Départementaux de l’Ordre.
Au total, il convient d’équilibrer les missions et les moyens qui sont dévolus à cette spécialité d’une part et d’autre part rendre la spécialité de Médecine Générale attractive, le meilleur indicateur étant le nombre d’étudiants choisissant la spécialité.
Il est aisé de constater qu’aujourd’hui il existe un déficit d’intérêt par déficit d’image et de moyens.
Personne n’est coupable mais certains sont plus responsables que d’autres.
Et paraphrasant Sacha Guitry : “les généralistes sont inconsolables des fautes qu’ils n’ont pas commises”.