Section généraliste

Burn-Out Syndrom : de l’action et pas de résignation
par le Dr Yves Leopold, Généraliste à Avignon


La commission “Vie du Médecin” a rempli son premier objectif. L’extension à la région PACA du numéro d’appel de l’AAPML : 0 826 004 580 est une réalité depuis la signature du contrat de partenariat entre cet organisme et l’URML PACA, fin mai 2007. Ce numéro permet au médecin en difficulté psychologique de trouver une écoute attentive et spécialisée, par des psychologues accessibles à toute heure, et une éventuelle orientation pour une prise en charge de plus longue durée.


Il nous reste à assurer la médiatisation au niveau des médecins (mais aussi des soignants en général) de ce numéro de détresse. Nous vous demandons votre participation à cette action de diffusion de l’information. Il ne s’agit en rien d’une opération commerciale, bien entendu, mais d’un acte de solidarité et de prévention nécessaire. Dans un deuxième temps nous œuvrerons à son extension en France entière. Bien sûr cette mise en place du numéro d’appel de l’AAPML ne résout pas tous les problèmes. Elle constitue néanmoins un premier pas dans la prise de conscience de ce drame permanent qu’est l’épuisement professionnel des soignants et son expression ultime, le suicide. A ce propos, l’URML, en partenariat avec l’ORS PACA, s’est impliquée dans le troisième volet de l’étude sur la dépression réalisée à travers le panel de médecins, outil irremplaçable pour ce genre d’action.

Ce volet est précisément tourné vers les soignants eux-mêmes, leur souffrance, les causes et les effets de ce surmenage, avec les solutions que chacun pense pouvoir y apporter. Une partie des questions était extrêmement personnelle, allant jusqu’à la volonté de mesurer le risque suicidaire ou l’exposition aux conduites addictives. Cette étude dont nous devrions avoir bientôt les résultats, viendra en complément de la passionnante enquête réalisée par nos confrères d’Ile de France sur le même sujet. La collaboration entre nos deux unions montre bien d’ailleurs ce que devrait être la mise en commun des ressources. Le troisième axe de réflexion de la commission porte sur les soins proposés aux médecins malades. Dans le cadre précis de la maladie dépressive, mentale ou des addictions, la plupart des pays européens ont admis l’idée que la prise en charge des soignants et des médecins en particulier répondait à des critères spécifiques.

La Catalogne a donné l’exemple avec un hôpital exclusivement réservé aux médecins en difficulté psychique, Appuyée sur une obligation déontologique avec injonction de soins, favorisée par un respect strict de l’anonymat, cette expérience a clairement donné des résultats mesurables. C’est sur ce modèle que nous travaillons, avec des avancées déjà remarquables puisque le CNOM comme la CARMF mais aussi les Caisses d’assurance maladie se sont montrés sensibles à cette problématique. C’est sur ce modèle aussi qu’un centre d’alcoologie, réservé aux soignants addictifs, devrait voir le jour dans les années à venir, à Besançon, sous l’égide du Prof. Carayon. Burn out syndrome, souffrance des soignants, suicide, tout cela est désormais connu, mesuré, admis, même si nous avons toujours besoin d’actualiser et de compléter nos connaissances. Il est temps désormais de trouver des solutions en aval pour aider nos confrères à se soigner correctement. A accepter la nécessité de ces soins, à les rendre économiquement et humainement réalisables, à leur donner une efficacité médicale.

Au delà, il restera à trouver des solutions en amont. La correction des facteurs aggravants ou déclenchants touche à l’organisation du système de soins, aux conditions matérielles de l’exercice. Et plus encore à la nature même de l’activité médicale, à la conception consciente ou pas que nous avons de notre rôle. Médecin, métier à haut risque, c’est malheureusement une certitude partout dans le monde. Le B.O.S maladie professionnelle, c’est aussi une évidence, entérinée dans plusieurs pays. Ce constat doit nous inciter à l’action et non à la résignation. C’est dans cette attitude que nous maintiendrons l’action de la commission “Vie du Médecin”.